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  • : Ce site retrace mon parcours d’instituteur en Kabylie lorsque j’étais jeune coopérant aux Ouadhias durant les années 1970-1973. Il donnera l’occasion au lecteur de s’approprier l’image d’une Kabylie fière, pudique, inaltérée et envoûtante telle qu’elle existait à cette époque et qui m’a bien sûr fasciné. Il permettra aussi à ceux qui le souhaiteront de me contacter.

à Ouadhias de 1970 à 1973

Dimanche 17 juin 2007

Cette dernière année, j’enseignai dans les deux classes de CM 2 qui restaient et j’emmenai mes élèves avec ténacité vers cet examen de 6ème qu’heureusement beaucoup obtinrent.

Puis, en tant que directeur administratif, je fus chargé, par la Direction Diocésaine d’Alger, de fermer l’école des Pères Blancs auprès de l’inspection académique de Tizi-Ouzou.

Un sentiment de tristesse m’envahit alors comme si l’on m’avait coupé de mes racines. Avant de rejoindre mon affectation à Bain de Bretagne, je quittai la Kabylie au début du mois de Juillet 1973 en pleurant, mais aussi avec le sentiment du devoir accompli.


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Par Le Breton des Ouadhias
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Mercredi 13 juin 2007

Normalement, j’aurai dû quitter la Kabylie puisque mon temps de coopération était achevé. Mais les Pères m’invitèrent à rester un an de plus sachant que leur école allait être fermée au terme de l’année. Et comme la Kabylie m’avait envoûté, j’acceptai sans réserve d’y accomplir une troisième année, au grand dam de mes parents qui voyaient s’éloigner une fois de plus leur fils unique.

 

 

 

Le Père Malmenède remplaça le Père Bladt et je restai le seul français enseignant accompagné de Nacer, un arabisant. Nous n’étions plus que trois. Aussi cette année-là fut un grand moment d’imprégnation culturelle et folklorique.

 

 

Pour briser un peu ma solitude, des étudiants du village m'invitèrent à passer quelques week-ends à la cité universitaire de El-Harrach et à partager leurs moments de détente qui consistaient surtout à chanter et danser autour d'une guitare. C'est par ce biais que j'allais faire connaissance avec des artistes kabyles comme Nouara, Hassan Abassi ou bien Idir qui débutait à Ben-Aknoun. Je découvris que j'aimais beaucoup cette musique qui, par certains côtés, se rapprochait de la musique bretonne.

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Jeudi 7 juin 2007

Cette année-là aussi, au cours des vacances de Pâques, nous partîmes dans le désert jusqu’à Tamanrasset sur les pas de Charles de Foucauld.

A partir de Aïn-Salah, le trajet se fit en auto-stop. Un touareg serviable nous prit en charge jusqu'à Tamanrasset.

Après quelques heures de chameau et une escalade, nous atteignîmes l'Assékrem où se trouve le refuge de l'ermite assassiné en 1916.

Le silence était roi, le paysage lunaire, l'émotion vive, le recueillement profond.

De retour à Alger, je connus ma première crise de paludisme dont je me débarrassais en prenant de la Nivaquine.


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Mercredi 6 juin 2007

En 1971-72, j’enseignais dans deux classes de CM 1.

Cette année-là, André rejoignit le poste de Taguemount pour faire équipe avec Gérard et Robert. Je restai donc avec Paul.

Nous continuâmes à nous rencontrer régulièrement. 

Il nous arrivait parfois de faire des rencontres de foot dans l’un ou l’autre poste et bien sûr, c’était toute une expédition pour mes élèves puisqu’il fallait descendre dans la vallée, traverser l’oued et gravir la pente opposée avec la surprise possible de rencontrer un sanglier.

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Mardi 5 juin 2007


Le week-end, à la belle saison, je partais avec mes collègues en balade sur les pentes de Kabylie et l’hiver, nous allions rendre visite à nos copains de Taguemount-Azouz.


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Lundi 4 juin 2007

Cette année (1970-1971), je fis classe en CE 2 et en CM 1.

Je me souviens encore que j’avais 42 élèves en CE 2 ce qui était beaucoup pour une première année d’enseignement.

Pour leur apprendre à parler français, j’utilisais des figurines que je déplaçais sur un tableau magnétique.

J’avoue qu’ils avaient un grand plaisir à répéter les phrases que je prononçais. Ils avaient tellement envie d’apprendre !

D’ailleurs, plus tard, dans la correspondance que j’ai entretenue avec certains d’entre eux, je ne cesserai de m’étonner de la maîtrise syntaxique et orthographique qu’ils ont acquise au prix de durs efforts.

Il faut savoir que ces enfants apprenaient également l’arabe, ce qui en faisait dès leur plus jeune âge des enfants trilingues.

Je donnais aussi des cours de maths en 5ème de rattrapage pour ceux qui n'avaient pas obtenu leur entrée en 6ème.

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Dimanche 3 juin 2007

Ma première année fut une année d’acclimatation, d’observation et d’adaptation.

Je dus me familiariser avec un relief et un paysage qui n’étaient pas ceux de ma Bretagne natale, avec un peuple fier aux coutumes différentes.

Pour nous comprendre, la langue ne fut jamais une barrière puisque les hommes en général parlaient le français depuis des générations et ceci, grâce aux Pères Blancs présents depuis une centaine d’années.

En revanche, peu de femmes parlaient le français, mais leurs enfants servaient d’interprètes.

Elles n’hésitaient pas à venir à l’école depuis leur village éloigné parfois de plusieurs kilomètres en marchant souvent pieds nus sur des chemins caillouteux, comme elles le faisaient aussi pour se rendre à la fontaine ou au marché du Centre.

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Samedi 2 juin 2007


Je fis connaissance avec le Père Bladt, directeur nouvellement arrivé puisqu’il remplaçait le Père Dieulangard, ainsi qu’avec les autres enseignants français et arabisants : Paul, André, Pierre le Syrien, Moufid le Palestinien.

Avec le Père, nous formions donc un groupe de six.

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Vendredi 1 juin 2007

De cet endroit, la piste grimpe de plus en plus jusqu’au sommet.

Nous arrivâmes donc à l’école des Pères Blancs, imposant bâtiment situé entre les villages de Taourirt-Abdallah et Aït-Abdelkrim, à une altitude de 700 mètres environ.

Et je ne savais pas encore à ce moment-là que j’allais y rester trois ans.

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Le paysage était toujours aussi magnifique.

De là-haut, nous avions une vue imprenable sur les vallées des Ouadhias et des Ouacifs dominées par le Djurdjura.



Par Le Breton des Ouadhias
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Jeudi 31 mai 2007

 

Après le petit déjeuner, Robert me conduisit aux Ouadhias.

Si les deux communes sont proches à vol d’oiseau, par la route la distance est nettement plus grande.

Cependant on a tout le loisir d’apprécier le paysage qui varie un tant soit peu à chaque détour de la route qui évidemment monte et descend au gré des dénivellations.

Après avoir dépassé les Ouadhias-Centre située en plaine, nous empruntâmes sur la gauche une piste tortueuse et pentue qui nous emmena jusqu’au village d’Aït-Berdjal, petit village très resserré en forme de cône.


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